Mai 09 2018

9 mai : Pour l’Europe aussi, « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »

Le pire était prévisible et d’ailleurs prévu par beaucoup d’observateurs de la scène internationale dont très modestement je suis.
Seul le Président Macron pensait encore qu’il lui suffisait d’être très aimable avec​  M Trump pour le faire changer d’avis et ce, malgré une première grave déconvenue sur « l’accord de Paris sur le climat ».Ce mardi 8 mai 2018, jour anniversaire de la fin du plus grand conflit mondial de l’histoire de l’humanité qui s’était terminé en Europe le 8 mai 1945,M. Trump a allumé « une nouvelle mèche » au Moyen Orient au risque de l’embraser et, avec lui, d’embraser  l’Europe et le monde, et ce, en déchirant unilatéralement l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, au mépris du reste du monde (à l’exception de l’Arabie Saoudite et de M. Netanyahu), au mépris de l’Europe qui en paiera un lourd tribut et bien sûr au mépris de M. Macron qui peut être finira par comprendre ce que valent les sourires de M. Trump et quel estime il porte à la France (voir ses dernières déclarations sur les attentats de 2015 et son rejet des engagements climatiques) ainsi qu’à son Président de même qu’ à l’Europe.Je crains malheureusement que notre Président ne s’en rende pas encore compte, et ce, dans l’attente des mesures brutales contre les exportations Européennes vers les Etats Unis qui ne manqueront pas d’être bientôt confirmées.

Face donc à l’arrogance dominatrice et dangereuse de l’Amérique de Donald Trump il n’existe qu’une seule solution : une Europe forte et unie autour de son noyau dur !
 

En ce 9 mai, jour dédié à l’Europe, en rappel de la déclaration de Robert Schumann du 9 mai 1950, il nous faut et il me faut redire notre et mon engagement européen de toujours !
 
C’est la construction Européenne qui nous a permis d’éviter de n’être plus , après la 2ème guerre mondiale, que des « colonies partagées entre l’URSS et les Etats Unis ».
C’est la construction Européenne qui nous a assuré 73 ans de paix.
C’est la construction Européenne qui a conduit à la réunification ,dans de bonnes conditions, de l’Europe de l’Ouest et de l’Europe de l’Est depuis l’atlantique jusqu’aux portes de la Russie.
 
 Si l’Union Européenne arrive demain à se ressaisir pour redevenir un espoir pour ses peuples,

à se resserrer autour de son « noyau dur » et des pays fondateurs,

à sortir d’un « tout libéralisme économique » et d’une « économie de marché « sans régulations ni règles communes sociales et fiscales,

pour enfin se donner tous les attributs d’une grande puissance politique , sociale culturelle et citoyenne,

nous éviterons peut être  d’être en permanence pris en tenaille entre des Etats Unis de D. Trump et une Russie  de V. Poutine sans oublier une Turquie à la mode de R.T Erdoguan.

En cette année 2018, en ce 9 mai, jour de l’Europe, et à un an des prochaines élections européennes,  fort de mon expérience européenne ,je voulais le redire.

L’enjeu est de taille et le Président Macron doit le comprendre et l’intégrer dans ses comportements.
   Il ne suffit pas d’inviter Vladimir Poutine à Versailles,
   Il ne suffit pas de passer 3 jours dans l’intimité de M. Trump,
   Il ne suffit pas de faire de beaux discours européens,
   Il ne suffit pas d’envoyer quelques uns (fort peu nombreux du reste) de ses « marcheurs » faire du porte à porte ,

pour donner un nouveau souffle à l’Europe sans lequel les européens sont condamnés.

Il faut repartir « d’un noyau dur » (pays fondateurs mais pas que…) sans esprit de domination de qui que ce soit en son sein,

se mettre d’accord sur l’essentiel en laissant de côté l’accessoire,

cesser  de rechercher l’unanimité à tous prix de ses 28 membres, en  rappelant  nos valeurs à chacun d’entre eux sans transiger sur leurs conséquences sur les politiques de chaque pays membre.

C’est l’enjeu vital de l’année qui vient !

M. Macron avait, depuis un an ,une chance d’avancer dans ce sens, beaucoup des conditions de réussites étant remplies. Son égo sans doute ,mais pas que..l’en a et nous en a privé.

Au demeurant ,je veux croire ,là aussi ,en « l’école de la deuxième chance »

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »

 

Gérard CAUDRON
9 mai 2018