AFP 14-05-2015 –
Sans grande conviction…
Le ministre des Finances grecs a remis sur la table jeudi la possibilité d’étaler le remboursement des dettes de la Grèce. Peu après son entrée au gouvernement fin janvier, Yanis Varoufakis avait le premier évoqué l’hypothèse d’un échange de dettes contre de nouvelles obligations indexées sur la croissance ou perpétuelles, c’est à dire sans échéance fixée. Il avait rapidement abandonné l’idée, face aux manque d’enthousiasme de ses partenaires européens.
Désormais écarté des négociations avec l’Union européenne, la BCE et le Fonds monétaire international (FMI), l’intransigeant ministre des Finances a relancé cette idée jeudi, en rappelant que son pays devait rembourser 6,7 milliards d’euros à la BCE en juillet-août, avant de lourdes échéances : 27 milliards d’euros d’obligations qui resteront ensuite dues à la banque centrale. « Ce qu’il faut faire, (c’est que) ces 27 milliards d’obligations encore détenues par la BCE soient repoussées dans un avenir lointain », a-t-il déclaré au Parlement. Il a proposé un échange, tout en soulignant que cette transaction « entre le gouvernement grec et la BCE remplit Mario Draghi (le président le la banque centrale, Ndlr) de peur. Parce que, vous le savez, M. Draghi est engagé dans un combat acharné contre la Bundesbank, qui lutte contre le QE. M. Weidmann, en particulier, s’y oppose. »
Désaccords sur le QE
Yanis Varoufakis faisait référence au programme d’achat de titres (notamment d’obligations souveraines) mis en oeuvre par la BCE pour soutenir le crédit et faire remonter l’inflation dans la zone euro. La Bundesbank et son président, Jens Weidmann ont tenté en vain de s’opposer à cette politique d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing », QE). Pour le ministre grec, « permettre un tel échange de nos nouvelles obligations contre ces obligations (…) fournirait à M. Weidmann des motifs pour créer des problèmes au QE de la BCE. »
La situation reste très tendue pour la Grèce, qui est néanmoins parvenue à rembourser au FMI les 750 millions d’euros qu’elle devait lui rembourser en début de semaine…
Mais il en faudra davantage pour rassurer les marchés financiers, qui voient le pays s’approcher dangereusement du défaut de paiement. Yanis Varoufakis a indiqué lundi soir qu’Athènes ne pourrait pas tenir financièrement plus de deux semaines, alors qu’aucun accord sur la reprise de l’aide à Athènes n’a été conclu à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe, lundi à Bruxelles.
