{"id":2240,"date":"2016-03-16T21:49:44","date_gmt":"2016-03-16T20:49:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/?p=2240"},"modified":"2016-03-16T21:49:44","modified_gmt":"2016-03-16T20:49:44","slug":"grece-le-gouvernement-tsipras-en-crise-ouverte","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/?p=2240","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce : le gouvernement Tsipras en crise ouverte"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/grece.jpg\" rel=\"attachment wp-att-2241\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2241\" src=\"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/grece.jpg\" alt=\"grece\" width=\"612\" height=\"306\" srcset=\"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/grece.jpg 612w, http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/grece-300x150.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Par <a href=\"http:\/\/www.latribune.fr\/journalistes\/romaric-godin-22\">Romaric Godin<\/a> \u00a0|\u00a0 16\/03\/2016, 12:04<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le ministre de la D\u00e9fense grec Panos Kammenos a ouvert une crise politique en Gr\u00e8ce. (Cr\u00e9dits : Reuters) Le ministre de la D\u00e9fense et leader des alli\u00e9s de droite de Syriza, Panos Kammenos, a demand\u00e9 la d\u00e9mission du ministre de l&rsquo;immigration Yannis Mouzalas. Sa faute, avoir appel\u00e9 l&rsquo;ARYM \u00ab\u00a0Mac\u00e9doine\u00a0\u00bb&#8230; Le signe d&rsquo;une tension extr\u00eame au sein du gouvernement grec.<\/p>\n<p>Le gouvernement grec, d\u00e9j\u00e0 embourb\u00e9 dans la crise migratoire et dans d&rsquo;interminables n\u00e9gociations avec les cr\u00e9anciers sur la r\u00e9forme des retraites, n&rsquo;avait certainement pas besoin d&rsquo;une crise politique. Elle s&rsquo;est pourtant produite ce mardi 15 mars. Le ministre de la D\u00e9fense, Panos Kammenos, vice-premier ministre et leader du parti des Grecs Ind\u00e9pendants (ANEL), alli\u00e9 de Syriza, le parti d&rsquo;Alexis Tsipras, a demand\u00e9 la d\u00e9mission de son coll\u00e8gue de l&rsquo;immigration, Yannis Mouzalas. Alexis Tsipras a refus\u00e9 cette d\u00e9mission et une tentative de conciliation est en cours, mais la crise politique est clairement ouverte.<\/p>\n<h2>L&rsquo;importance de la question mac\u00e9donienne<\/h2>\n<p>Pourquoi cette demande\u00a0? La raison peut sembler d\u00e9risoire. Dans une interview sur la cha\u00eene Ska\u00ef TV sur les \u00e9v\u00e9nements qui se produisent \u00e0 la fronti\u00e8re nord du pays, Yannis Mouzalas a commis \u00ab\u00a0l&rsquo;erreur\u00a0\u00bb d&rsquo;appeler l&rsquo;Ancienne R\u00e9publique Yougoslave de Mac\u00e9doine (ARYM) simplement \u00ab\u00a0Mac\u00e9doine.\u00a0\u00bb Or, officiellement en Gr\u00e8ce, \u00ab\u00a0Mac\u00e9doine\u00a0\u00bb est un terme qui appartient au patrimoine national hell\u00e9nique. La Mac\u00e9doine est donc une r\u00e9gion grecque et non un pays \u00e9tranger. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;ex-Yougoslavie, la Gr\u00e8ce avait ainsi bloqu\u00e9 la reconnaissance de ce pays par l&rsquo;ONU sous le nom de \u00ab\u00a0Mac\u00e9doine.\u00a0\u00bb Elle a donc pour nom officiel, l&rsquo;acronyme \u00ab\u00a0ARYM\u00a0\u00bb, en anglais \u00ab\u00a0FYROM.\u00a0\u00bb En Gr\u00e8ce, prononcer le nom de Mac\u00e9doine en public pour d\u00e9signer ce pays est donc jug\u00e9 comme une injure au patrimoine national et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 territoriale de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<h2>ANEL, un parti nationaliste, embo\u00eete le pas de Nouvelle D\u00e9mocratie<\/h2>\n<p>Yannis Mouzalas s&rsquo;est excus\u00e9 pour cette \u00ab\u00a0gaffe\u00a0\u00bb qui, par ailleurs, est r\u00e9guli\u00e8rement commise par les officiels grecs en priv\u00e9. Mais Panos Kammenos n&rsquo;a pas voulu enterrer l&rsquo;affaire. Il est vrai qu&rsquo;il est le leader du parti de droite nationaliste des \u00ab\u00a0Grecs Ind\u00e9pendants\u00a0\u00bb (ANEL), alli\u00e9s du parti de la gauche radicale Syriza d&rsquo;Alexis Tsipras. ANEL est un parti issu de la scission du parti conservateur Nouvelle D\u00e9mocratie de ceux qui refusaient l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est un parti \u00e0 la rh\u00e9torique tr\u00e8s nationaliste, mais qui, jusqu&rsquo;ici avait \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t un alli\u00e9 discret et peu exigeant de Syriza. Du reste, la \u00ab\u00a0question mac\u00e9donienne\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas le seul apanage d&rsquo;ANEL. Panos Kammenos a d&rsquo;ailleurs rebondi sur un communiqu\u00e9 de Nouvelle D\u00e9mocratie qui demandait d\u00e9j\u00e0 cette d\u00e9mission. Dans les ann\u00e9es 1990, le champion de la cause hell\u00e9nique sur ce dossier \u00e9tait d&rsquo;ailleurs Antonis Samaras, devenu en 2012, premier ministre \u00ab\u00a0pro-europ\u00e9en\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Panos Kammenos ouvre les hostilit\u00e9s<\/h2>\n<p>Ce que cette affaire met \u00e0 jour, c&rsquo;est bien la crise interne qui couvait depuis plusieurs semaines du gouvernement. Que Panos Kammenos d\u00e9cide de reprendre publiquement les arguments de Nouvelle D\u00e9mocratie et ainsi d&rsquo;ouvrir une crise au sein de la coalition est un fait nouveau et grave. ANEL avait montr\u00e9 une souplesse (certains diraient un opportunisme) remarquable cet \u00e9t\u00e9. Refusant d&rsquo;abord le compromis avec les cr\u00e9anciers, il avait finalement accept\u00e9 l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 dont le refus \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine de sa naissance. Il avait m\u00eame accept\u00e9 la fin des avantages fiscaux accord\u00e9s aux \u00eeles de la mer Eg\u00e9e, dont il avait fait longtemps un casus belli. Au soir des \u00e9lections du 20 septembre, o\u00f9 ANEL avait perdu 3 si\u00e8ges, Panos Kammenos avait rejoint Alexis Tsipras et annonc\u00e9 la reconduction de l&rsquo;alliance avec Syriza pour appliquer le troisi\u00e8me m\u00e9morandum. Les 10 d\u00e9put\u00e9s d&rsquo;ANEL permettent \u00e0 cette coalition de disposer d&rsquo;une courte majorit\u00e9 absolue de 5 si\u00e8ges au parlement grec, la Vouli.<\/p>\n<h2>La strat\u00e9gie perdante du gouvernement<\/h2>\n<p>Mais, en six mois, la situation du gouvernement grec s&rsquo;est d\u00e9grad\u00e9e. La strat\u00e9gie du gouvernement consistant \u00e0 n\u00e9gocier des am\u00e9nagements pour les plus fragiles avec les cr\u00e9anciers sur les \u00ab\u00a0r\u00e9formes\u00a0\u00bb exig\u00e9es par ces derniers n&rsquo;a pas port\u00e9 ses fruits politiquement. Alexis Tsipras a d\u00fb faire face \u00e0 une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale tr\u00e8s suivie le 4 f\u00e9vrier dernier, puis \u00e0 un mouvement de m\u00e9contentement des agriculteurs. Contrairement aux espoirs du gouvernement, les cr\u00e9anciers ne cessent de repousser l&rsquo;ouverture de n\u00e9gociations sur la restructuration de la dette. Cette restructuration sera, du reste, assez d\u00e9cevante\u00a0: il n&rsquo;est pas question de r\u00e9duire le stock de dettes.<\/p>\n<h2>L&rsquo;\u00e9pine de la r\u00e9forme des retraites<\/h2>\n<p>Mais l&rsquo;essentiel du probl\u00e8me provient de la r\u00e9forme des retraites. Le projet propos\u00e9 par le gouvernement Tsipras pr\u00e9voit la sauvegarde des pensions actuelles, un nouveau mode de calcul des pensions futures et un financement partiel de la r\u00e9forme par une hausse des cotisations. Les discussions sur ce sujet s&rsquo;\u00e9ternisent avec les cr\u00e9anciers qui r\u00e9clament une \u00ab\u00a0am\u00e9lioration\u00a0\u00bb du plan, avec notamment des coupes dans les pensions. L<a href=\"http:\/\/www.ekathimerini.com\/206881\/article\/ekathimerini\/news\/katrougalos-opens-door-to-pension-reductions\">e ministre des affaires sociales, Giorgos Katrougalos<\/a>, a, le 10 mars, admis implicitement que les pensions de plus de 1.300 euros pourraient \u00eatre r\u00e9duites. Mais la marge de man\u0153uvre du gouvernement est faible sur ce sujet\u00a0: les pensions sont une \u00ab\u00a0ligne rouge\u00a0\u00bb pour le gouvernement. En cas d&rsquo;alignement, m\u00eame partiel, sur les demandes des cr\u00e9anciers, la majorit\u00e9 parlementaire pourrait tanguer. La nervosit\u00e9 de Panos Kammenos pourrait traduire cette inqui\u00e9tude de la majorit\u00e9 sur de nouvelles concessions aux cr\u00e9anciers qui, semble-t-il, ne se sont pas content\u00e9s de l&rsquo;acceptation par Alexis Tsipras du troisi\u00e8me m\u00e9morandum.<\/p>\n<h2>La crise migratoire<\/h2>\n<p>A cela s&rsquo;ajoute la grave crise migratoire qui touche la Gr\u00e8ce de plein fouet, notamment depuis que l&rsquo;Autriche, le 16 f\u00e9vrier, a annonc\u00e9 la fermeture partielle de sa fronti\u00e8re. Les autorit\u00e9s de l&rsquo;ARYM ont ferm\u00e9 la fronti\u00e8re avec la Gr\u00e8ce et ont montr\u00e9 lundi dernier, par l&rsquo;usage des forces de l&rsquo;ordre et le renvoi de r\u00e9fugi\u00e9s en Gr\u00e8ce, leur d\u00e9termination \u00e0 ne plus laisser ouverte la \u00ab\u00a0route des Balkans.\u00a0\u00bb Sous les applaudissements autrichiens, du reste, qui ont f\u00e9licit\u00e9 Skopje et ont promis une aide au pays. La Gr\u00e8ce, o\u00f9 les r\u00e9fugi\u00e9s continuent d&rsquo;affluer par la Turquie, est donc menac\u00e9e de devenir un <a href=\"http:\/\/www.latribune.fr\/economie\/union-europeenne\/la-grece-va-t-elle-accepter-de-devenir-le-calais-de-l-europe-555203.html\">immense camp de r\u00e9fugi\u00e9s<\/a>. Une perspective que redoute avec raison la population, d&rsquo;autant que l&rsquo;Union europ\u00e9enne semble devoir s&rsquo;en contenter. L&rsquo;aide promise viendra permettre d&rsquo;accueillir ces r\u00e9fugi\u00e9s, tandis qu&rsquo;Angela Merkel, qui appelle \u00e0 la solidarit\u00e9 avec Ath\u00e8nes refuse d&rsquo;accepter des r\u00e9fugi\u00e9s bloqu\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re avec l&rsquo;ARYM. Cette situation pourrait aussi \u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine de la nervosit\u00e9 de l&rsquo;ANEL qui risque d&rsquo;avoir du mal \u00e0 la justifier devant ses \u00e9lecteurs.<\/p>\n<h2>La survie du gouvernement en question\u00a0?<\/h2>\n<p>La question est d\u00e9sormais de savoir si ANEL entend ou non quitter le gouvernement. Si c&rsquo;est le cas, de nouvelles \u00e9lections seraient in\u00e9vitables et Syriza a, selon les sondages, de grandes chances de les perdre. Mais il n&rsquo;est pas s\u00fbr que ce sc\u00e9nario soit le plus probable. L&rsquo;actuelle majorit\u00e9 peut \u00eatre inqui\u00e8te et divis\u00e9e, mais on la voit mal aller ainsi \u00e0 un suicide certain. D&rsquo;autant que la Gr\u00e8ce risque d&rsquo;\u00eatre encore ingouvernable au lendemain d&rsquo;un nouveau scrutin qui serait le troisi\u00e8me en moins de deux ans. Les partis anti-syst\u00e8me\u00a0&#8211; parti communiste (KKE), n\u00e9o-nazis d&rsquo;Aube Dor\u00e9e et Union du Centre &#8211; pourraient gagner beaucoup de terrain. Au final, la survie de la coalition d\u00e9pend beaucoup de la certitude qu&rsquo;aurait encore Alexis Tsipras \u00e0 r\u00e9ussir le pari qu&rsquo;il a lanc\u00e9 le 13 juillet dernier\u00a0: parvenir \u00e0 faire revenir la croissance et sortir du m\u00e9morandum avant les prochaines \u00e9lections. S&rsquo;il ne croit plus \u00e0 cette possibilit\u00e9, il pourrait effectivement jeter l&rsquo;\u00e9ponge pour reprendre un discours sur \u00ab\u00a0l&rsquo;erreur de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb qu&rsquo;il a d&rsquo;ailleurs d\u00e9velopp\u00e9 ce week-end lors d&rsquo;un passage \u00e0 Paris. Il mettrait fin ainsi \u00e0 une forme de schizophr\u00e9nie o\u00f9 Syriza semble de plus en plus mal \u00e0 l&rsquo;aise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Romaric Godin \u00a0|\u00a0 16\/03\/2016, 12:04 &nbsp; Le ministre de la D\u00e9fense grec Panos Kammenos a ouvert une crise politique en Gr\u00e8ce. (Cr\u00e9dits : Reuters) Le ministre de la D\u00e9fense et leader des alli\u00e9s de droite de Syriza, Panos Kammenos, a demand\u00e9 la d\u00e9mission du ministre de l&rsquo;immigration Yannis Mouzalas. 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