{"id":2105,"date":"2015-11-10T22:08:20","date_gmt":"2015-11-10T21:08:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/?p=2105"},"modified":"2015-11-10T22:08:20","modified_gmt":"2015-11-10T21:08:20","slug":"grece-alexis-tsipras-deja-dos-au-mur","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/?p=2105","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce : Alexis Tsipras d\u00e9j\u00e0 dos au mur"},"content":{"rendered":"<p class=\"Textbody\"><a href=\"http:\/\/www.latribune.fr\/journalistes\/romaric-godin-22\"><span style=\"color: windowtext; text-decoration: none; text-underline: none;\">Romaric Godin<\/span><\/a> \u00a0|\u00a0 09\/11\/2015,<\/p>\n<p class=\"Textbody\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2106\" src=\"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tsipras.jpg\" alt=\"tsipras\" width=\"612\" height=\"306\" srcset=\"http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tsipras.jpg 612w, http:\/\/www.citoyendeurope.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/tsipras-300x150.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 612px) 100vw, 612px\" \/><\/p>\n<p class=\"Textbody\">\n<p>Alexis Tsipras tente de r\u00e9sister aux cr\u00e9anciers .L&rsquo;Eurogroupe de ce lundi 9 novembre doit refuser la lib\u00e9ration d&rsquo;une tranche de 2 milliards d&rsquo;euros \u00e0 Ath\u00e8nes, pla\u00e7ant Alexis Tsipras dans une position d\u00e9licate.<\/p>\n<p>Alexis Tsipras va devoir prouver sa capacit\u00e9 de r\u00e9sistance \u00e0 la volont\u00e9 des cr\u00e9anciers. Alors qu&rsquo;en moins de deux semaines, le premier ministre grec a fait voter deux lois \u00ab\u00a0omnibus\u00a0\u00bb contenant de nombreuses r\u00e9formes, alors qu&rsquo;il a accept\u00e9 de faire voter une loi sur les banques \u00f4tant \u00e0 l&rsquo;Etat grec tout moyen de contr\u00f4le sur ses derni\u00e8res, l&rsquo;Eurogroupe (r\u00e9union des ministres des Finances de la zone euro) de ce soir devrait refuser le d\u00e9blocage de la tranche de 2 milliards d&rsquo;euros du programme \u00ab\u00a0d&rsquo;aide.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>Faciliter les expulsions pour mieux renflouer les banques<\/h2>\n<p>Pourquoi\u00a0? Parce que le gouvernement grec refuse d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la demande des experts du\u00a0\u00ab\u00a0quartet\u00a0\u00bb (la tro\u00efka form\u00e9e de la Commission europ\u00e9enne, de la BCE et du FMI augment\u00e9e du MES) qui veulent faciliter les expulsions de la r\u00e9sidence principale.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;ici, les Grecs qui ne parvenaient plus \u00e0 payer leurs traites immobili\u00e8res \u00e9taient prot\u00e9g\u00e9s lorsque la valeur estim\u00e9e du bien \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 250.000 euros. Les cr\u00e9anciers voudraient abaisser ce seuil pour que les banques puissent r\u00e9cup\u00e9rer une partie des pr\u00eats et \u00ab\u00a0r\u00e9alisent leurs pertes.\u00a0\u00bb Ainsi, le renflouement des \u00e9tablissements bancaires sera plus ais\u00e9 et moins co\u00fbteux pour le contribuable europ\u00e9en.<\/p>\n<p>L&rsquo;ennui, c&rsquo;est que ces expulsions risquent de provoquer des situations sociales dramatiques. De nombreux Grecs profitaient de cette tol\u00e9rance pour continuer \u00e0 disposer d&rsquo;un logement, malgr\u00e9 le ch\u00f4mage ou des baisses drastiques de salaires. Les expulser signifierait les pousser \u00e0 la pauvret\u00e9 et au d\u00e9classement dans un pays o\u00f9 les perspectives d&#8217;emplois sont quasiment nulles. Le gouvernement d&rsquo;Alexis Tsipras refuse donc, depuis deux semaines, de se soumettre \u00e0 cette exigence qui est devenue une condition pour d\u00e9bloquer la tranche de 2 milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<h2>Augmenter le volume de saisies pour dettes envers l&rsquo;Etat (imp\u00f4ts&#8230;)<\/h2>\n<p>L&rsquo;autre point de discordance r\u00e9side dans le syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9talement des paiements dus au Tr\u00e9sor grec. Selon Ath\u00e8nes, le montant de ces cr\u00e9ances s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 72 milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>En mars, pour apurer cette cr\u00e9ance au mieux et sans peser sur l&rsquo;activit\u00e9, le gouvernement Tsipras avait mis en place un \u00e9talement en 100 mensualit\u00e9s des dettes envers l&rsquo;Etat. Une d\u00e9cision qui avait permis de voir les remboursements s&rsquo;am\u00e9liorer rapidement.<\/p>\n<p>Mais, l\u00e0 aussi, cette mesure n&rsquo;est pas du go\u00fbt des cr\u00e9anciers qui estiment que l&rsquo;Etat devrait faire valoir ses cr\u00e9ances avec plus de vigueur, notamment avec des saisies. Sauf que de telles pratiques ne manqueraient pas d&rsquo;aggraver les faillites et la situation conjoncturelle de l&rsquo;\u00e9conomie grecque.<\/p>\n<h2>D\u00e9montrer que le gouvernement ne peut pas d\u00e9fendre les Grecs<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 la signature du troisi\u00e8me m\u00e9morandum et la bonne volont\u00e9 affich\u00e9e -et largement prouv\u00e9e- de l&rsquo;ex\u00e9cutif grec qui s&rsquo;est fait r\u00e9\u00e9lire sur le respect de ses engagements, les cr\u00e9anciers ne cessent de mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve le gouvernement d&rsquo;Alexis Tsipras.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif politique qui a d\u00e9termin\u00e9 toute la strat\u00e9gie des cr\u00e9anciers entre janvier et juillet, et qui visait \u00e0 \u00ab\u00a0neutraliser\u00a0\u00bb le gouvernement grec, semble toujours d&rsquo;actualit\u00e9. Tout se passe en effet comme si, en r\u00e9clamant des mesures socialement violentes, ils cherchaient r\u00e9ellement \u00e0 r\u00e9duire \u00e0 rien non seulement la capacit\u00e9 d&rsquo;action de ce gouvernement, mais aussi ce qu&rsquo;il lui restait d&rsquo;engagement \u00e9lectoral.<\/p>\n<p>Car, lors de l&rsquo;\u00e9lection du 20 septembre, Syriza, le parti d&rsquo;Alexis Tsipras, avait cherch\u00e9 \u00e0 convaincre les \u00e9lecteurs qu&rsquo;il \u00e9tait capable de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats des Grecs contre les exigences des cr\u00e9anciers. Il est, \u00e0 pr\u00e9sent, mis en demeure de le prouver.<\/p>\n<h2>Logique politique ? ou financi\u00e8re \u00e0 court terme&#8230;?<\/h2>\n<p>Le pourra-t-il\u00a0? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr. Le ministre grec de l&rsquo;Economie, Georges Stathakis, assure que l&rsquo;Eurogroupe de ce lundi 9 novembre au soir permettra de \u00ab\u00a0trouver un accord politique.\u00a0\u00bb On se croirait revenu aux plus belles heures de la \u00ab\u00a0n\u00e9gociation \u00bb du printemps, lorsque, devant les portes closes de l&rsquo;Eurogroupe, Alexis Tsipras s&rsquo;en allait chercher \u00e0 Berlin un \u00ab\u00a0accord politique\u00a0\u00bb avec Angela Merkel.<\/p>\n<p>Mais le temps est-il encore aux \u00ab\u00a0accords politiques\u00a0\u00bb alors que le m\u00e9morandum, lui, pr\u00e9voit que le gouvernement grec doit accepter toute mesure jug\u00e9e n\u00e9cessaire et que l&rsquo;Eurogroupe a toujours refus\u00e9 la\u00a0logique du compromis, autrement dit, la logique politique, en restant \u00e0 sa propre logique financi\u00e8re \u00e0 court terme. Laquelle, \u00e9videmment, plaide en faveur des mesures du \u00ab\u00a0quartet.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>Ce soir, on mesurera le poids du soutien de la France \u00e0 Ath\u00e8nes<\/h2>\n<p>Le gouvernement grec est donc pris au pi\u00e8ge. Ses moyens de pression sur les cr\u00e9anciers sont faibles. Certes, il semble pouvoir s&rsquo;appuyer sur la France dont le gouvernement soutient une ligne mod\u00e9r\u00e9e qui consiste \u00e0 s&rsquo;en tenir aux seules mesures du m\u00e9morandum. Michel Sapin, le ministre fran\u00e7ais des Finances, lui aussi, a d\u00e9fendu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un accord d\u00e8s ce lundi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La Gr\u00e8ce a fait des efforts consid\u00e9rables et c&rsquo;est un peu \u00e9trange de lui demander toujours plus\u00a0\u00bb,<\/em> a indiqu\u00e9 le locataire de Bercy, qui a dit <em>\u00ab\u00a0comprendre\u00a0\u00bb<\/em> la r\u00e9sistance grecque.<\/p>\n<p>Cette position fran\u00e7aise semble ne pas s&rsquo;imposer \u00e0 l&rsquo;Eurogroupe, ce qui permet de mesurer l&rsquo;influence de Paris dans cette instance. En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;Allemagne qui a r\u00e9guli\u00e8rement fait savoir depuis quelques semaines qu&rsquo;elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 davantage de souplesse si la Gr\u00e8ce gardait sur son sol plus de migrants, ne semble pas vouloir bouger.<\/p>\n<p>Pour le moment, aucun signe concret de bienveillance de la part de Berlin n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9. Bien au contraire. Wolfgang Sch\u00e4uble, avant la r\u00e9union de l&rsquo;Eurogroupe, s&rsquo;est inqui\u00e9t\u00e9 de la lenteur des mesures grecques, notamment la formation du fonds de privatisation. Et de conclure qu&rsquo;il \u00ab\u00a0<em>n&rsquo;y a que peu de chance qu&rsquo;on parvienne ce soir \u00e0 un accord<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et Jeroen Dijsselbloem, le pr\u00e9sident de l&rsquo;Eurogroupe, de pr\u00e9venir qu&rsquo;il fallait r\u00e9aliser les mesures \u00ab\u00a0bancaires\u00a0\u00bb pour ne pas mettre en p\u00e9ril la recapitalisation des banques. Avant lui aussi d&rsquo;exclure toute lib\u00e9ration des 2 milliards d&rsquo;euros ce lundi.<\/p>\n<h2>Marges de man\u0153uvre r\u00e9duites<\/h2>\n<p>Si l&rsquo;alliance franco-hell\u00e9nique ne permet pas de r\u00e9duire les exigences ds cr\u00e9anciers dans les semaines \u00e0 venir, le gouvernement grec n&rsquo;aura gu\u00e8re de moyens de pression concrets. Si les cr\u00e9anciers maintiennent leur position, Alexis Tsipras devra choisir entre la soumission et la faillite. Il choisira sans doute la premi\u00e8re. La Gr\u00e8ce doit en effet payer 1,2 milliard d&rsquo;euros au FMI avant la fin d\u00e9cembre. Surtout, le programme accepte un d\u00e9ficit avant service de la dette de 0,5 % du PIB cette ann\u00e9e, soit environ 900 millions d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, ceci signifie que, si les 2 milliards d&rsquo;euros ne sont pas vers\u00e9s, la Gr\u00e8ce devra renoncer \u00e0 payer le FMI et sans doute faire des \u00e9conomies suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Compte tenu de la situation encore tr\u00e8s fragile de l&rsquo;\u00e9conomie hell\u00e9nique, le gouvernement grec ne peut gu\u00e8re esp\u00e9rer engager une vraie r\u00e9sistance contre la volont\u00e9 des cr\u00e9anciers, sauf \u00e0 aggraver encore l&rsquo;incertitude des agents \u00e9conomiques. Bref, la r\u00e9sistance grecque ne pourra gu\u00e8re durer.<\/p>\n<h2>Le choix du 13 juillet dans sa dure mat\u00e9rialit\u00e9<\/h2>\n<p>Alexis Tsipras d\u00e9couvre donc concr\u00e8tement le prix de son choix du 13 juillet. Il d\u00e9pend de la bonne volont\u00e9 des cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;Eurogroupe entend les arguments de Michel Sapin, il peut obtenir gain de cause et sans doute, dans ce cas, l&rsquo;Allemagne, cherchant \u00e0 tout prix \u00e0 freiner le flot des r\u00e9fugi\u00e9s, aura pouss\u00e9 \u00e0 plus de flexibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais les arguments propres \u00e0 Alexis Tsipras et \u00e0 la Gr\u00e8ce n&rsquo;auront pas \u00e9t\u00e9 entendus en tant que tels. La situation grecque joue d\u00e9sormais un r\u00f4le mineur dans les d\u00e9cisions des cr\u00e9anciers qui sont plus occup\u00e9s \u00e0 choisir sur la priorit\u00e9 de leurs propres int\u00e9r\u00eats. Sans compter que les cr\u00e9anciers tentent aussi d&rsquo;arriver en position de force dans le cadre des n\u00e9gociations sur la dette. Un Tsipras trop disciplin\u00e9 serait bien trop en position de force. Il s&rsquo;agit de poursuivre le \u00ab\u00a0storytelling\u00a0\u00bb de la Gr\u00e8ce r\u00e9tive aux r\u00e9formes pour ne pas accorder \u00e0 Ath\u00e8nes ce qu&rsquo;elle veut dans la ren\u00e9gociation de la dette.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Romaric Godin \u00a0|\u00a0 09\/11\/2015, Alexis Tsipras tente de r\u00e9sister aux cr\u00e9anciers .L&rsquo;Eurogroupe de ce lundi 9 novembre doit refuser la lib\u00e9ration d&rsquo;une tranche de 2 milliards d&rsquo;euros \u00e0 Ath\u00e8nes, pla\u00e7ant Alexis Tsipras dans une position d\u00e9licate. Alexis Tsipras va devoir prouver sa capacit\u00e9 de r\u00e9sistance \u00e0 la volont\u00e9 des cr\u00e9anciers. 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